Rupture du PIPE-LINE d’Ile-de-France (PLIF) à Autouillet

Suite de l’article de Patrick Menon paru dans les Brèves de Janvier 2020

La légitime inquiétude des riverains et des associations qui n’ont pas d’information précise depuis la réunion du 19 novembre 2019 à Autouillet.

Depuis cette réunion :

  • Deux arrêtés préfectoraux, du 19 décembre 2019 et du 30 janvier 2020, portent sur les restrictions de circulation sur les communes d’Autouillet et de Boissy-sans-avoir dans le cadre du chantier de dépollution des terres suite à la fuite d’hydrocarbure.
  • Un arrêté préfectoral,  du 16 juin 2020, porte sur l’état et l’exploitation de la canalisation (PLIF).

Que dit ce nouvel arrêté, qui pose en fait la question fondamentale de l’état du Pipe-line à assurer sa fonction en toute sécurité.

Pour mémoire : dans la nuit du 24 au 25 février 2019, une rupture de pipeline Ile-de-France a provoqué une fuite de pétrole, impactant des parcelles agricoles sur les communes d’Autouillet et de Boissy-sans-Avoir, et la pollution de cours d’eau dont le Lieutel, et en partie la Mauldre.

Tracé du PLIF du Havre à la raffinerie de Grandpuits

Opérations de dépollution sur les cours d’eau – Point au 22 mars 2019

L’arrêté préfectoral du 16 juin 2020 concerne :

  • Les conditions d’exploitation du Pipe-line imposés par l’Etat à TOTAL compte tenu des résultats des contrôles effectués sur le Pipe-line depuis la connaissance de la cause de la rupture à Autouillet et de divers contrôles.En l’occurrence l’imposition d’un abaissement de la pression à 42 bars sur l’ensemble du tracé, et la limitation d’opérations « Rétro-PLIF » à deux par mois.
  • Les contrôles métallurgiques du Pipe-line imposés par l’Etat à TOTAL, par tous les moyens adaptés et dans un délai donné, pour permettre l’expertise par un tiers visant à déterminer la pertinence des hypothèses retenues et d’assurer la sécurité en fonctionnement.
  • L’injonction faite à TOTAL de prendre toutes les dispositions nécessaires pour diminuer et optimiser le nombre et l’amplitude des cycles de pression subis par le PLIF. Un bilan mensuel doit être transmis à la DRIEE.
  • L’injonction faite à TOTAL de fournir avant le 30 juin :
    • Une étude relative à la baisse de pression opératoire du PLIF,
    • Une étude approfondie relative à l’ajout de stations de pompage sur le tracé de la canalisation,
    • Une étude sur le passage en ligne des racleurs de nettoyage.
  • La mise à jour par TOTAL du plan de surveillance et de maintenance du PLIF,

Le passage dans un délai de deux mois après mise en route d’un racleur instrumenté d’un détecteur de fissures longitudinales sur l’intégralité du PLIF, différemment de ce qui avait été fait en 2018 et 2019. Priorité est demandée au tronçon SP6-SP7 (entre les raffineries de Gargenville SP6 et de Grandpuits SP7).

  • Une étude par TOTAL, avant le 31 décembre 2020, sur la réalisation d’un test en pression sur le tronçon SP6-SP7.
  • Une étude technico-économique, fournie par TOTAL, pour le 31 décembre 2020, de remplacement des tronçons les plus sensibles du PLIF situés entre station SP6 et SP7.

Les riverains et les associations, en prenant connaissance de cet arrêté, demandent la tenue d’une réunion, fonction des impératifs sanitaires, permettant d’être informés et de comprendre l’évolution de la situation qui a conduit à cet arrêté préfectoral.

Ils demandent de plus à connaître l’état « des lieux » suite à l’application de cet arrêté et de ses précédents, concernant en particulier la remise en état de l’environnement pollué.

Patrick Menon – 07/2020

Lien vers l’article de janvier 2020 :